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Éducatrice spécialisée à la DPJ : «Un trop beau mandat.»

Éducatrice spécialisée à la DPJ : «Un trop beau mandat.»

Éducatrice spécialisée à la DPJ : «Un trop beau mandat.»

De belles histoires à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), il y en a. Et elles mériteraient de faire la une plus souvent, croit Andréanne Cormier, éducatrice spécialisée dans un centre de réadaptation pour garçons.

Andréanne se souvient entre autres d’un barbecue particulièrement réussi au centre de réadaptation pour jeunes en difficulté d’adaptation (CRJDA)1 où elle travaille. Y prenaient part les jeunes résidents, leurs parents, frères et sœurs ainsi que les membres de l’équipe d’intervention. Lors de cette activité, les adolescents qu’Andréanne et ses collègues accompagnent dans leur cheminement ont simplement pu être ce qu’ils sont : des ados.

« Ce sont mes moments préférés. On entend nos jeunes rire comme n’importe quels garçons de leur âge »,

dit Andréanne, insistant ainsi sur cet autre côté de la médaille, plus lumineux, dont sont témoins les éducateurs et éducatrices.

« On les a même déjà tous vus danser ensemble lors d’un cours de salsa! On discute beaucoup avec eux, on les consulte. Contrairement à ce que croient beaucoup de gens, ce n’est pas une prison ici : c’est un milieu de vie. Il y a deux gymnases, une piscine intérieure, des terrains de basket », note Andréanne.

Accompagner aussi les parents

Dans l’unité où œuvre l’éducatrice spécialisée, les adolescents bénéficient d’une liberté de mouvement qui leur permet d’aller à l’école, de se rendre à leur travail ou de sortir en famille. Contrairement aux unités sécuritaires, où l’encadrement est plus intensif afin d’assurer la sécurité des jeunes et des intervenants, on compte beaucoup plus de ce type d’hébergement dans le réseau de la DPJ. On y prépare les jeunes à devenir autonomes, souvent pour réintégrer leur milieu familial.

« Il y a donc beaucoup de collaboration avec les parents. Certains viennent toutes les semaines pour participer à des ateliers avec leur enfant. On travaille la communication, la distinction des rôles, la clarté des règles, la gestion des émotions… On discute des besoins de l’adolescent, mais aussi de ceux des parents. »

Lorsqu’elle accueille un nouveau résident, Andréanne devient une véritable éponge, afin d’absorber l’état d’esprit du jeune et d’adapter son intervention en conséquence. Est-il seul ou accompagné de ses parents? Craint-il d’être enfermé? Ou, au contraire, débarque-t-il avec l’arrogance de celui qui compte installer sa propre loi? Consomme-t-il des drogues? A-t-il des idées suicidaires? A-t-il mangé à sa faim?

« Il faut beaucoup de savoir-être, de la bienveillance, de l’empathie… De la curiosité aussi : quelle est l’histoire de ce jeune pour qu’il finisse par croire, contre toute évidence, qu’il faisait de bons choix? »

S’appuyer sur les petites victoires

Le travail d’équipe et la combinaison des expertises sont également au cœur du mandat d’Andréanne. Ainsi, il n’est pas rare qu’une dizaine d’adultes se penchent sur la situation d’un adolescent, si on compte le personnel en éducation spécialisée, celui en travail social et les parents. Andréanne se sait bien épaulée par ses collègues pour les cas plus complexes.

Sa motivation vient notamment des petites victoires ponctuelles. Comme ce moment où un garçon qui ne réclamait jamais d’aide, faute d’adultes de confiance autour de lui, se tourne vers elle pour lui demander conseil.

« On ne se mentira pas : ce n’est pas toujours facile. Mais c’est un trop beau mandat. Les jeunes, c’est notre société de demain. Ils sont en plein développement de leur personnalité. Avec eux, j’ai l’impression d’avoir une fenêtre pour agir : c’est maintenant qu’on peut avoir le plus d’impact positif. »

 

Découvrez-en plus sur le rôle des intervenants en protection de la jeunesse

1 Il s’agit d’un établissement public, autrefois connu sous l’appellation de centre jeunesse, qui offre des services d’hébergement et d’accompagnement spécialisé à des jeunes (généralement entre 6 et 17 ans) ayant des difficultés comportementales, psychosociales, d’adaptation sociale, d’apprentissage, de santé mentale ou des antécédents judiciaires. L’objectif est de leur fournir un milieu de vie sécurisant et stimulant pour développer leurs habiletés, favoriser leur autonomie et faciliter leur réintégration dans leur milieu familial et leur communauté.