La musique – et plus largement la culture – est une porte d’entrée précieuse pour découvrir l’identité de tout peuple, de toute nation. Et ça, le festival KWE! À la rencontre des peuples autochtones le représente bien. Se tenant du 16 au 18 juin à la place Jean-Béliveau et au Grand Théâtre de Québec, ainsi que le 21 juin à Place d’Youville, l’événement rassembleur qui a pour but de célébrer les 11 Nations autochtones au Québec fait une grande place à la musique dans sa programmation.
Du 16 au 18 juin, la place Jean-Béliveau, en face du Grand Marché de Québec, accueillera le cœur des festivités. Ateliers de création, démonstrations culinaires, partages, discussions et autres activités gratuites en tous genres seront au rendez-vous. Sur place, de nombreuses prestations musicales égayeront les lieux : tambours, chorale d’enfants et chants de gorge seront notamment de la partie. Parmi les artistes à l’affiche, on retrouve Eadsé, une autrice-compositrice-interprète wendat :
« Pour moi, participer au festival KWE!, c’est une occasion de reconnecter non seulement avec ma nation, mais aussi avec TOUTES les nations. C’est comme un grand rassemblement. Il y aura mes spectacles, oui, mais aussi beaucoup de rencontres. Des rencontres entre Autochtones, mais également avec le public allochtone et ça, c’est quelque chose qui me passionne. » – Eadsé
Un espace de création et d’interprétation, donc, mais également de discussion qui permettra aux initiés comme aux curieux de venir faire le plein de culture musicale autochtone.
Une nouveauté cette année : des spectacles payants seront également offerts au Grand Théâtre de Québec. Nommons notamment La Marée de l’aube, une rencontre entre cinq auteurs-compositeurs-interprètes autochtones et allochtones (Vincent Vallières, Dumas, Natasha Kanapé Fontaine, Kanen et Sandrine Masse) ainsi que plusieurs musiciens de talent.
Le festival KWE! culmine le 21 juin à la Place d’Youville lors d’un grand rassemblement musical organisé à l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones. Ce spectacle gratuit, qui aura lieu de 14 h à 23 h, mettra en vedette une pléthore d’artistes autochtones de tous genres musicaux issus des 11 Nations autochtones au Québec.
D’après Mélanie Vincent, directrice générale du festival, l’un des points forts de cette soirée musicale sera assurément une interprétation collective, dans les 11 langues autochtones au Québec et en français, de la chanson Un musicien parmi tant d’autres de Serge Fiori.
« C’était important pour nous d’avoir des artistes qui s’expriment et chantent dans leur langue ancestrale. La musique, comme la littérature, peut servir à promouvoir les langues autochtones qui méritent d’être mieux connues. » – Mélanie Vincent
Contrairement à ce que certains pourraient croire, la musique autochtone est bien loin d’être figée dans le temps. C’est une musique vivante, en constante évolution. Même s’il accorde une certaine place aux sons traditionnels, le festival met surtout de l’avant plusieurs artistes établis et émergents qui créent de la musique autochtone :
« On a bâti notre programmation sous le thème de la diversité. Diversité des nations, mais aussi diversité des genres musicaux. Il y a de tout : du rock, du hip-hop… Mais le mot d’ordre reste l’authenticité. » – Mélanie Vincent.
Le festival nous promet donc des découvertes musicales des plus variées, entremêlées de danse et d’autres prestations scéniques qui permettront aux visiteurs de constater que l’art autochtone est en pleine effervescence. En ce sens, la musique peut être un véhicule de transmission pertinent et percutant :
« Je pense qu’à travers la musique autochtone, on essaie de passer des messages qu’on s’est trop longtemps empêchés d’exprimer. »
Que les artistes s’expriment en langue traditionnelle autochtone, en français ou même en anglais dans leurs chansons, il reste que la musique est un fabuleux moyen de perpétuer une culture, de la garder riche et vivante, mais aussi de la diffuser plus largement par le langage universel des émotions. Des prestations musicales comme celles qui seront offertes durant KWE! permettent de se rassembler autour d’un dialogue de cœur à cœur qui nous rappelle humblement que, malgré nos différences, Autochtones et Allochtones ont bien des choses à partager.