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Vieux pneus, nouvelle manière de les recycler

Vieux pneus, nouvelle manière de les recycler

Vieux pneus, nouvelle manière de les recycler

L’entreprise québécoise Ecolomondo recycle les pneus hors d’usage grâce à une méthode innovante mise au point dans ses murs.

Le chiffre avancé par RECYC-QUÉBEC est exorbitant : il s’est vendu environ 8,5 millions de pneus neufs par année au Québec entre 2018 et 2023, une tendance lourde alimentée par l’augmentation perpétuelle du nombre de voitures sur les routes de la province.

Une fois arrivées en fin de vie, ces interfaces essentielles entre le sol et les véhicules représentent un gisement considérable de déchets à recycler. C’est particulièrement vrai pour le caoutchouc qui les compose, un produit riche en combustibles fossiles très inflammables, comme le rappelle l’incendie du dépotoir de pneus de Saint-Amable en 1990.

Hugo Morin est ingénieur industriel et directeur de l’ingénierie à Ecolomondo, une entreprise de Montréal spécialisée dans le développement et le déploiement de technologies de valorisation des déchets. Donner une seconde vie aux composantes des pneus hors d’usage, le membre en règle de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) connaît ça.

« Un pneu est constitué d’environ 15 % de fibres, 15 % d’acier et 70 % de caoutchouc. »,

rappelle-t-il.

Nous déchiquetons le caoutchouc et enlevons l’acier et les fibres. Ces deux dernières composantes sont ensuite transformées, à l’externe, en produits d’acier recyclé et en combustible pour les cimenteries.

Valoriser le caoutchouc

Les granules de caoutchouc subissent pour leur part d’autres procédés de décomposition chez Ecolomondo. Le but : extraire de ce mélange le précieux noir de carbone, une poudre inodore qui est utilisée comme agent de renforcement des pneus, en plus de leur assurer une résistance aux rayons ultraviolets.

« Il s’agit d’un des 10 produits chimiques les plus couramment employés; on le retrouve un peu partout, même dans les sacs à ordures », indique Hugo Morin. Sans lui, les pneus prendraient la couleur naturellement pâle du latex plutôt que celle avec laquelle nous sommes familiers.

Hélas, la production de noir de carbone est assez nocive pour l’environnement. En gros, on l’obtient en brûlant de manière incomplète des composés organiques riches en carbone, comme des combustibles fossiles ou des huiles végétales.

« C’est un peu comme si on allumait une chandelle en cire de paraffine à la mèche trop longue, illustre l’expert. Le genre de suie obtenue au terme de cette combustion est du noir de carbone. » Ce procédé vieux comme le monde génère en outre des particules fines, des contaminants atmosphériques nocifs pour la qualité de l’air – et la santé.

Du noir de carbone recyclé

C’est pourquoi Ecolomondo s’évertue à récupérer le noir de carbone; sa remise en circulation réduit la demande pour sa forme vierge. « Nous avons mis au point un procédé de pyrolyse unique en son genre qui consiste à chauffer le caoutchouc des pneus à très haute température et en absence d’oxygène », explique Hugo Morin.

Parmi les molécules de petite taille ainsi obtenues figure une fraction solide qui inclut du noir de carbone. Ecolomondo produit de cette manière plus de 5000 tonnes par année de ce noir de carbone recyclé, commercialisé sous le nom de Mondo Black.

« Il nous a fallu plus de deux décennies de recherche et développement pour élaborer ce procédé, raconte Hugo Morin, qui a participé à l’aventure dès son arrivée chez Ecolomondo, il y a 11 ans. Les premiers plans datent de 1996, imaginez! »

La technologie est d’autant plus novatrice que les autres fractions formées à l’issue de la pyrolyse trouvent aussi des débouchés. « Le gaz produit sert par exemple de combustible pour alimenter le procédé », souligne-t-il. L’huile peut quant à elle être utilisée comme combustible pour produire du noir de carbone vierge, encore une fois dans une logique de circularité.

Le monde les regarde

De fait, Ecolomondo estime que sa production de Mondo Black émet 90 % moins de gaz à effet de serre que la fabrication conventionnelle de noir de carbone vierge. Un argument qui résonne fort auprès de l’industrie du pneu, qui cherche à décarboner ses activités.

« Nous vendons l’ensemble de notre production avant même qu’elle soit réalisée, confie Hugo Morin. À l’international, nous savons que de grandes compagnies comme Goodyear et Michelin s’intéressent à notre Mondo Black, car nous avons reçu la visite de leurs représentants à notre usine de Hawkesbury, en Ontario. »

Sans son titre professionnel d’ingénieur, Hugo Morin ne pourrait mener à bien son travail de valorisation des pneus en fin de vie. « Plusieurs des procédés industriels réalisés chez Ecolomondo sont visés par la Loi sur les ingénieurs. Cela signifie donc que je possède les connaissances nécessaires pour faire ces activités réservées », résume-t-il. La sécurité de l’environnement, mais aussi du public en dépend.

Découvrez comment les visionnaires de l’Ordre des ingénieurs du Québec changent le monde en ayant un impact positif sur l’environnement.