L’émancipation, de la plus douce à la plus flamboyante, traverse les œuvres de sept artistes émergents rassemblés à la foire Plural. Loto-Québec et ses partenaires leur donnent l’espace et les moyens pour déployer leurs ailes avec l’exposition Jeunes voix crient « liberté ».
Lorsqu’on amorce une carrière en arts visuels, rejoindre les collectionneurs et un vaste public est un défi de taille. À l’occasion de Plural (nouvelle mouture de la foire Papier), Loto-Québec offre un tremplin à des créateurs et créatrices aux démarches réfléchies et variées.
Avant d’accéder aux kiosques des galeries, les visiteurs de Plural entreront par le 2e étage du Grand Quai du Port de Montréal et pourront visiter l’exposition. « Puisque soutenir la relève et rendre l’art accessible fait partie de notre mission, nous avons rassemblé des artistes qui ont des liens avec des galeries de l’AGAC ou qui ont participé au programme Artch, afin de mettre leur travail en valeur », indique Manon Pouliot, conseillère aux projets culturels et aux partenariats pour la Collection Loto-Québec.
La sélection des œuvres a été faite par Sarah Kitzy Gineau Delyon, directrice de l’organisme Artch, qui outille et promeut des artistes qui amorcent leur pratique professionnelle. « Les artistes choisis ont tous et toutes une volonté de se libérer des injonctions, explique-t-elle. Il y en a qui veulent s’affranchir d’une culture, d’une représentation historique, d’un genre. Ça va être intéressant de les mettre en conversation. »
Les pratiques rassemblées dans Jeunes voix crient « liberté » proposent des visions du monde singulières et inspirantes.
Audrey Beaulé, par exemple, explore les restrictions et les possibilités des marges, des cadres et des étiquettes. On pourra découvrir son travail à travers quatre gravures et un mémoire « qui contient un magnifique texte sur la non-binarité et la jeunesse », souligne Manon Pouliot. La conseillère apprécie aussi l’émotion qui sous-tend les baigneuses en céramique d’Élise Provencher : « Pour l’artiste, la baignade est cathartique. Elle permet de libérer son esprit et de revenir à soi. »
Des pans méconnus de l’histoire sont révélés par Michaëlle Sergile dans des œuvres textiles et textuelles comme We Wear the Mask, dans laquelle la voix de l’écrivaine Maya Angelou se transforme en motif, à la manière d’un sonogramme. Des corps de personnes noires sont représentés dans un rapport de tendresse par le peintre Devon Pryce. « Il montre des moments intimes, mais universels », relève Sarah Kitzy Gineau Delyon.
Dans ses toiles, Berirouche Feddal allume quant à lui des incendies. « Il traite de manière douce les violences historiques, notamment celles envers le peuple kabyle », note la commissaire. Elle a sélectionné une peinture montrant un souk, le cœur d’un village algérien, envahi par des flammes colorées. « Pour ce qui est de Maggy Hamel-Metsos, elle cherche plutôt à déranger par des gestes très légers », dit-elle, comme disposer en grille un mystérieux jeu de cartes en cuivre.
Un masque respiratoire enveloppé et ornementé de Dexter Barker-Glenn complète le corpus.
« J’avais envie d’une dernière œuvre qui aborde la liberté selon une vision futuriste de l’anthropocène et de l’écologie »,
Pour favoriser aussi l’émergence de collectionneurs, Loto-Québec offre une bourse de 2000 $ (#artencadeau2023) dans le cadre d’un concours sur les médias sociaux pour l’achat d’une œuvre, lors de la soirée d’ouverture de Plural.
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