Avant deux ans, tout devrait se jouer loin des écrans, selon des experts. Il n’est toutefois jamais trop tôt pour préparer l’avenir en adoptant de bonnes habitudes et en posant les bases d’une maisonnée moins connectée et plus en santé.
Pendant les premières années de vie, les besoins de base sont liés au corps, au sentiment de sécurité et au développement des liens d’attachement. « Lorsque les besoins physiologiques sont comblés, avoir l’attention de ses parents, établir des contacts visuels, être pris dans les bras, c’est ce qui est le plus important », note la Dre Cat Tuong Nguyen.
Or exposer un bambin aux écrans comporte certains risques pour son développement. « Ça affecte autant la quantité que la qualité des interactions avec son entourage. Il peut aussi y avoir un impact sur la motricité, parce qu’un enfant qui passe beaucoup de temps devant les écrans bouge moins. À moyen terme, ça risque d’entraîner des conséquences sur la vision et le sommeil », explique-t-elle.
Bref, la surutilisation des écrans comporte un grand désavantage : elle gruge du temps précieux qu’il ferait mieux de consacrer à des activités plus actives, stimulantes et formatrices. Voici donc quelques trucs simples à adopter dès le plus jeune âge.
Aménager un espace consacré aux jeux de blocs ou au bricolage, mettre des jouets à la portée de l’enfant et dégager les fenêtres pour laisser voir l’extérieur sont des gestes qui permettent de varier les activités. Au salon, on peut placer les meubles de manière à ce que les sièges ne soient pas tous dirigés vers la télévision. Ranger les tablettes et les téléphones cellulaires loin des regards, par exemple dans un panier en hauteur, donnera moins envie de les consulter à tout moment.
Puisque les enfants imitent nos moindres gestes et comportements, prendre conscience de nos habitudes numériques et les modifier si nécessaire sera un facteur déterminant dans leur utilisation des écrans. « L’idée est d’être cohérent et de communiquer, indique la Dre Cat Tuong Nguyen. Il faut établir des priorités, comme des moments en famille et des repas sans écran, et lorsqu’il y a des exceptions, être capable de les expliquer. »
Faire le ménage, aller à l’épicerie, trier la lessive, cuisiner et jardiner sont loin d’être des gestes banals aux yeux d’un jeune enfant. Ce sont des occasions de le placer en observateur dans un environnement sécuritaire. En grandissant, il sera ainsi plus enclin à participer aux tâches ménagères.
Désactiver, en tout ou en partie, les alertes visuelles et sonores permet de concentrer notre attention sur le moment présent, en plus de rendre les appareils électroniques moins attrayants. « Ça enlève aussi une source de stress aux parents », note l’experte.
En installant une routine qui intègre des moments de lecture en famille, des sorties au grand air ou des chansons dans la voiture, on crée des rendez-vous quotidiens qui servent de points de repère et contribuent à l’adoption de saines habitudes. À vous de choisir ce qui correspond le mieux à vos centres d’intérêt et à vos valeurs, tout en répondant aux besoins de chacun des membres de la tribu.

Au-delà de deux ans, l’idée n’est pas de proscrire totalement les écrans, mais plutôt d’accompagner les jeunes, tant pour déterminer les meilleurs moments d’utilisation que pour les conseiller sur les contenus et leur qualité.
Conjuguer les besoins d’enfants d’âges différents et ceux des adultes de la maisonnée demande du doigté et peut facilement devenir un casse-tête logistique. « Fixer des règles pour chacun, ce n’est pas l’idéal, souligne la Dre Cat Tuong Nguyen. Le mieux est de mettre les enfants à contribution pour déterminer des balises ensemble, et de les appliquer de manière constante et cohérente. »
Comme parent, même avec les meilleures intentions du monde, il est normal de se sentir parfois un peu dépassé. La clé d’une parentalité saine? Tendre vers l’équilibre, répond l’experte. « Ce qui est important au sein d’une famille, c’est d’instaurer un climat de bienveillance, de compréhension et de respect mutuel. Et il ne faut pas hésiter à faire appel à son réseau lorsqu’on a besoin d’un moment de répit. »