Histoires, témoignages et souvenirs sont au cœur de l’exposition Narrations souples, présentée par Loto-Québec et ses partenaires, du 12 au 14 avril à la foire Plural. Photographie poétique, impression sur tissu, livre en miel : les œuvres sont de douces invitations à rencontrer des talents émergents aux origines multiples.
Présenter son travail à Plural, le rendez-vous printanier des arts visuels à Montréal, est une occasion en or pour les artistes en début de carrière. « Avec Narrations souples, Loto-Québec leur offre une vitrine dans un lieu où convergent le grand public, les collectionneurs et les galeristes », indique Manon Pouliot de Loto-Québec, co-commissaire de l’exposition avec Sarah Kitzy Gineau-Delyon de l’organisme Artch.
À Plural, l’exposition côtoiera d’autres projets spéciaux et une cinquantaine de kiosques. Organisée par l’AGAC, la foire accueille aussi cette année des galeries émergentes et alternatives – ce qui rend l’expérience des visiteurs encore plus surprenante et diversifiée.
Deux impressions numériques de Sonny Assu, un artiste autochtone de la communauté Kwakwaka’wakw, ont servi de point de départ aux commissaires. On y voit des tronçons de bois qui ressemblent étrangement à des masques.

« Ces œuvres de la Collection Loto-Québec nous permettaient d’amorcer un dialogue à plusieurs voix sur des sujets importants, comme les identités culturelles et plurielles ainsi que le territoire »,
« Dans l’exposition, puisqu’on parle d’immigration et d’identités plurielles, on voulait faire attention à qui raconte l’histoire, explique Sarah Kitzy Gineau-Delyon. On souhaitait que la lumière soit mise sur les témoignages et les souvenirs des artistes. »
Au cœur de Narrations souples, il y a les œuvres de cinq artistes émergents qui se nourrissent de l’ici et de l’ailleurs en sollicitant les sens.
Le parfum sucré de Bouche de miel de Miri Chekhanovich devrait donner envie de s’en approcher. L’artiste d’origine arménienne a reproduit un livre de recettes stalinien en résine et en miel.
Charlotte Ghomeshi a entrepris un voyage vers l’Iran pour accompagner son grand-père dans ses derniers moments. Elle en a tiré la photographie d’un arbre foisonnant dans un paysage aride, qui symbolise les émotions qui l’habitaient à ce moment-là.
Les univers présentés jettent des ponts entre les cultures. Tong Zhou Lafrance, par exemple, crée des images qui entrelacent des souvenirs de son enfance au Québec et d’une vie parallèle imaginaire en Chine. L’artiste, qui poursuit en ce moment ses études en art dans son pays d’origine, souhaite se réapproprier sa culture qui lui est étrangère.
Québécoise et Camerounaise, Mallory Lowe Mpoka utilise les savoir-faire familiaux pour créer des sérigraphies sur des tissus sépia, qui évoquent le foyer. Pardiss Amerian, quant à elle, s’est inspirée de manuscrits perses du 16e siècle pour créer une huile sur lin qui montre le potentiel lyrique de l’Histoire.
La foire Plural est un rendez-vous à ne pas manquer pour découvrir de nouveaux talents artistiques et, qui sait, peut-être acheter une première œuvre à l’exposition Narrations souples.