Parmi les belles histoires de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), il y a celle de Sarah Arcand-Larocque. Placée à l’adolescence en centre de réadaptation pour jeunes en difficulté d’adaptation, elle y a trouvé un choix de carrière.
C’est que Sarah a tellement été marquée par Patricia, la travailleuse sociale qui s’est occupée d’elle, qu’elle a eu envie d’exercer le même métier.
« Patricia est une femme exceptionnelle, affirme Sarah. Elle a toujours su respecter mon rythme. Dès la première rencontre, je l’avais trouvée bienveillante, à l’écoute. Je me demandais quand même si elle pouvait m’aider, car j’étais dans une période où j’avais perdu confiance envers les adultes. »
Placée pour cause d’absentéisme scolaire et de troubles de comportement, Sarah se rappelle son désarroi quand elle a été prise en charge par la DPJ. « Je me souviens que mes parents étaient là, qu’ils discutaient de mon dossier. On décidait de mon avenir, et je sentais que je n’avais aucun pouvoir. Je perdais mes repères. C’était vraiment très déstabilisant. »
Mais, petit à petit, Patricia a fini par apprivoiser Sarah. « J’avais l’impression qu’elle croyait en mes capacités, alors que, dans mon esprit, même mes parents avaient perdu espoir. Peu à peu, j’ai compris qu’elle souhaitait sincèrement m’aider à cheminer, à faire des choix de vie éclairés. Toutes nos discussions étaient orientées vers mes besoins. »
La travailleuse sociale lui offrait aussi des « bouffées d’air frais », en l’emmenant, par exemple, prendre un chocolat chaud dans un café, hors du cadre plus rigide du centre de réadaptation.
« C’étaient des moments de normalité, se rappelle Sarah. Avec Patricia, je n’avais jamais l’impression d’être pressée par le temps. Elle m’offrait une réelle présence humaine. Ça a été capital dans mon parcours. Elle m’a appris que l’écoute active, ce n’est pas préparer sa réponse : c’est être tellement dans l’écoute que tu ne penses même pas à ta réponse. »
Sarah ajoute : « C’est ça, un travailleur social : une personne qui sème de petites graines qui peuvent avoir des effets à long terme. Ce sont des gens tellement exceptionnels! »
Aujourd’hui, non seulement Sarah est travailleuse sociale, mais elle vient aussi d’obtenir sa maîtrise dans ce domaine, ce qu’elle n’aurait jamais cru. Persuadée qu’elle n’avait pas les capacités pour poursuivre des études collégiales – et encore moins universitaires! –, elle s’est laissé propulser par les encouragements de Patricia et a décroché un DEC en Techniques d’intervention en délinquance, un bac en sociologie et, récemment, une maîtrise.
« Ça n’a pas été facile. À mon arrivée au cégep, je coulais tous mes cours. Mais Patricia me disait : « Go Sarah ! Pousse ! Tu vas l’avoir ! » Elle a été là pour moi. »
Sarah est maintenant intervenante en santé mentale dans un cégep, où elle accompagne les étudiants dans leur transition vers la vie d’adulte. « Et je prévois toujours du temps de plus entre mes rendez-vous, parce que, comme Patricia, je ne veux jamais être pressée. »
La travailleuse sociale a été son pilier et son inspiration pendant une période trouble. « Son soutien, sa constance, sa capacité d’écoute m’ont profondément inspirée, assez pour avoir envie de donner à mon tour. Sans elle, je ne serais pas devenue la femme que je suis. »
Le rôle, la réalité et la formation du personnel intervenant à la DPJ vous intéressent?